dimanche 11 mai 2008

Rendez donc à Césaire ce qui est à Césaire


Voici un extrait du discours de N. Sarkozy prononcé lors de la journée de commémoration nationale des mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions, le samedi 10 mai 2008 au Jardin du Luxembourg, Paris.

« L’esclavage a été une tragédie. Une tragédie qui a meurtri durablement des continents entiers. L’esclavage est une blessure. C’est une blessure profonde qui pèse encore sur nos consciences. Les mémoires portent le poids de cette histoire. Et je sais bien qu’il existe encore aujourd’hui, des inégalités qui trouvent leurs origines dans cet héritage si douloureux. [...] Je souhaite également que cette histoire puisse être abordée à partir de l’étude d’oeuvres littéraires, comme celles d’Aimé Césaire, et donc c’est dans le cadre des nouveaux programmes du collège et du lycée que je souhaite l’inscription de l’oeuvre d’Aimé Césaire. »


Rappellons qu'Aimé Césaire a été briévement étudié par les terms L de 1994 à 1995. Au départ, il était prévu d'intégrer « le Cahier d'un retour au pays natal » et « le Discours sur le colonialisme » au programme pour une durée de 2 ans. Le 27 juillet, une note de service publiée dans le Bulletin officiel de l'éducation national faisait disparaître de la liste ces deux oeuvres au profit des « Yeux d'Elsa » d'Aragon.


Les motifs de cette disparition ? Raisons idéologiques pour certains, pondération pédagogique pour d'autres.


Le 13 septembre 1995, le Canard enchaîné s'entretenait avec le ministre de l'éducation nationale de l'époque, François Bayrou, au sujet de la "disparition" des oeuvres de Césaire. Il affirmait que ce n'était pas "les remous idéologiques" qui avaient motivé sa décision. Simplement, il jugeait Aragon "plus représentatif de la littérature française" que l'écrivain martiniquais...


Notons malgré tout une intervention à l'Assemblée nationale, le 12 septembre 1994, du député (UDF) Alain Griotteray . Il trouvait "choquant et inacceptable" qu'une "oeuvre aussi résolument politique (que le Discours sur le colonialisme), osant comparer nazisme et colonialisme, soit inscrite au programme de français des terminales".


"N'allez pas le répéter, mais le nègre vous emmerde !"


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