Rappellons qu'Aimé Césaire a été briévement étudié par les terms L de 1994 à 1995. Au départ, il était prévu d'intégrer « le Cahier d'un retour au pays natal » et « le Discours sur le colonialisme » au programme pour une durée de 2 ans. Le 27 juillet, une note de service publiée dans le Bulletin officiel de l'éducation national faisait disparaître de la liste ces deux oeuvres au profit des « Yeux d'Elsa » d'Aragon.
Les motifs de cette disparition ? Raisons idéologiques pour certains, pondération pédagogique pour d'autres.
Le 13 septembre 1995, le Canard enchaîné s'entretenait avec le ministre de l'éducation nationale de l'époque, François Bayrou, au sujet de la "disparition" des oeuvres de Césaire. Il affirmait que ce n'était pas "les remous idéologiques" qui avaient motivé sa décision. Simplement, il jugeait Aragon "plus représentatif de la littérature française" que l'écrivain martiniquais...
Notons malgré tout une intervention à l'Assemblée nationale, le 12 septembre 1994, du député (UDF) Alain Griotteray . Il trouvait "choquant et inacceptable" qu'une "oeuvre aussi résolument politique (que le Discours sur le colonialisme), osant comparer nazisme et colonialisme, soit inscrite au programme de français des terminales".
"N'allez pas le répéter, mais le nègre vous emmerde !"
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